Par le MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DU DÉVELOPPEMENT DURABLE,  DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT - 2012


Le séminaire a été organisé par le MLIT (Direction des Routes et Direction de l'Ingénierie). Initialement programmé en mars, il avait été reporté du fait du tremblement de terre. La délégation japonaise a remercié la partie française de la sympathie que les autorités françaises ont témoigné pour leur pays dans cette circonstance dramatique, exprimée notamment par le déplacement de la Ministre après la catastrophe.

On notera également que pour la première fois, ce séminaire a permis de rencontrer des responsables de la politique d'ingénierie du MLIT, en particulier MM Naoyoshi SATO, Vice Ministre du MLIT pour les affaires d'ingénierie, et Katsuji HASHIBA, Directeur-général adjoint, Affaires d'Ingénierie, MLIT.

 

Le programme figure en annexe 2.

En plus des sujets traités lors du séminaire de Kyoto, qui ont été également évoqués, la délégation française est intervenue sur les thèmes suivants :

  • Les décisions prises en France dans le cadre du Grenelle sur l'environnement qui sont fondées sur l'utilisation de systèmes STI (taxe poids lourds, mise en réseau des systèmes d'information multimodale et de billettique…) (JF JANIN)
  • Le réseau d'excellence NEARCTIS et le programme international (Europe-USA-Japon)  ECOSTAND portant sur l'évaluation des effets des systèmes intelligents en matière d'émissions de  CO2, au niveau théorique, avec des simulateurs et des études en conduite réelle (Nour-Eddin el FAOUZI)
  • Jean-Marc Dufour (France e-Commerce International – ASEAL) a participé au séminaire, ce qui qui a permis d'aborder les usages des ITS pour les transport de marchandises d'une façon plus concrète que dans les précédents séminaires. Il a précisé les objectifs et les conditions de déploiement des procédures dématérialisées pour les liaisons entre l'Asie et l'Europe (Protocole ASEAL du 4/9/2004).

 

Yasuhiro OKUMURA (MLIT, Direction des routes) a fait l'état des lieux des résultats obtenus par le programme interministériel d'action sur les  ITS au Japon. Les objectifs restent essentiellement routiers : réduction de la congestion par le télépéage qui a évité les queues aux barrières de péage sur des voiries situées en grande partie en zone urbanisée, information des automobilistes sur le trafic, la météo, les zones dangereuses (bas de côte, virages sans visibilité, bouchons, …), avec comme objectif actuel principal de passer à une information en temps réel sur les risques liés à la voiture, à son environnment et au comportement du conducteur (systèmes coopératifs). Les équipements embarqués pour les systèmes coopératifs fournissent de nombreuses informations en permanence, qui en font de véritables capteurs mobiles dans le trafic (vitesses, temps de parcours, freinages, consommations... ).

 

Yoshifumi NAGAI (MLIT, Direction des routes) a décrit les actions en cours dans le domaine de la sécurité routière. L'objectif est de réduire le  nombre de décès de 4863 en 2010 à 2500 e 2018. La communication auprès du public porte sur les services déjà disponibles (freinage d'urgence, contrôle de vitesse adaptatif ACC). Les démonstrations portent sur la détection de fin de bouchon, la détection de véhicules abordant les intersections à forte vitesse, la prévention des collisions et l'information des voitures des services d'urgence sur la position des véhicules accidentés.

 

M SONE a présenté le contexte général de la sécurité routière au Japon, notamment les conditions d'accidents. Les personnes agées de plus de 65 ans sont plus nombreuses au Japon qu'en France (23% de la population contre 17%). Elles sont surreprésentées parmi les victimes de la route (51% des décès contre 19%) sur la route, et dans la moitié des cas, comme piétons. Le MLIT a fait des recommandations sur l'aménagement des giratoires et leur signalisation.

 

M Fumihiko KANAZAWA (NLIM) a fait un bilan prospectif de la recherche en ITS au Japon : Le sujet d'actualité est l'évaluation en cours de bornes DSRC (ITS Spots, aujourd'hui au nombre de 16000 sur le réseau principal). Ces connexions à haut débit peuvent transmettre aux équipements embarqués des informations de navigation et de sécurité, en plus du péage sans arrêt. En sens inverse, le passage des véhicules équipés dans le champ des balises DSRC founit des données sur la vitesse des véhicules et leur nombre.

 

Shinri SONE (NLIM) a donné la répartition des émissions de carbone du secteur des transports : 90% proviennent des véhicules routiers (48% pour les transports de personnes, 36% pour les marchandises, 4% pour les bus et taxis)

 

Toshiyuki MOMMA a présenté les nouvelles techniques de collectes de données de référence sur la circulation. La méthode classique consiste à effectuer une mesure par des observateurs  (nombres de véhicules et vitesses sur 24000 sections pendant une journée) une fois tous les 5 ans. Le projet consiste à réaliser une collecte permanente de données, afin d'augmenter la précision des études de trafic et des évaluations d'investissements de réduction de la congestion.

 

Au cours de la visite de la délégation française auprès de M. Naoyoshi SATO, Vice Ministre du MLIT pour les affaires d'ingénierie, il a été entendu que le 9ème séminaire pourrait avoir lieu à l'automne 2012 en France (par exemple à Paris et Bordeaux). Le MLIT a marqué son intérêt pour la tenue d'un colloque à l'Université de Kyoto. M. Naoyoshi SATO a aussi porté à notre attention son intérêt sur les  facilitations de gestion et de suivi des marchandises entrantes et sortantes du Japon, dans le cadre des échanges du commerce international, par l'utilisation des techniques de dématérialisation. La mise en place d'un corridor Japon-France pourrait en être une illustration.

 

La deuxième partie du séminaire, consacrée à deux visites techniques, a débuté par le centre Tokyo-Ouest de gestion et de contrôle du trafic de l’autoroute métropolitaine : 2300 détecteurs ulta-sons à 300m d’intervalles et 1800 caméras, espacées de 1 km et de 100m dans les tunnels, pour fournir en temps quasi-réel (5 minutes de process entre la collecte des données, leur traitement et leur transcription sur les PMS et les autres signaux ainsi que dans les véhicules équipés de l’outil embarqué VICS (vehicle-infrastructure communication system). Ce centre couvre 148 incidents (accidents, pannes, objets sur la chaussée) par jour soit 1 toutes les 9 minutes et pense être plus performant grâce à l’installation du système ITS-Spots. Une halte était programmée sur le parking d’une grande surface commerciale, gérée par la société d’autoroutes NEXCO, et dont le point d’orgue était la borne de recharge rapide des véhicules électriques, qui équipent une partie de la flotte du concessionnaire. Ce fut un excellent prélude à la visite d’un centre de recherches de la compagnie NISSAN et plus particulièrement du Centre d’innovations de Chiba, lequel met au point le véhicule LEAF, déjà commercialisé (17601 ventes au 8/11/2011 dont 1205 dans l’Union européenne), et les technologies de charge et décharge (dans un système de réseau intelligent SMARTGRID et de capteurs solaires) des batteries, étant conscient que la fabrication et la circulation du véhicule Zéro Emissions produisent en amont du CO². La berline LEAF (4-5 passagers), dans laquelle nous avons roulé sur une dizaine de kms, a les mêmes performances en termes d’accélération et de vitesse qu’un véhicule à moteur thermique et semble produire les mêmes émissions sonores qu’un véhicule neuf à conduite automatique. Les autres thèmes de R&D, dont des tests réalisés avec ITS Japan sur le déploiement des ITS Spots, sont donc l’assistance à la conduite, le DCAS (distance control assistance system), l’éco-driving (moins 1 kg CO²/jr/véh. sur un trajet court), les communications DSRC avec les véhicules venant en face ou en croisement (VtoV) générant une alerte sonore pour les conducteurs , mais aussi pour les piétons et les vélos équipés de puces RFID un signal via leur smartphone 4G, l’adaptateur de vitesse (Intelligent Speed Adaptation), le platooning ou convoi virtuel de véhicules, et enfin le Moving Object Detection (MOD), avec des caméras placées tout autour du véhicule, principalement utiles lors des manœuvres à vitesse réduite. Nous avons pu apprécier ce dernier système ainsi que le VtoV dans des véhicules équipés.  

 

En marge des visites de la délégation française et dans le cadre de la mission du Corridor Dématérialisé, CORDEM,  entre la France et le Japon, une visite a été organisée au siège de la société NYK line à TOKYO.  NYK line est le troisième affréteur maritime mondial et le 1ier pour le marché automobile (véhicule et pièces détachées).  Eric Louette et  Jean-Marc Dufour ont rencontré MM. Susumu Koike, Directeur général adjoint service R&D développement d’affaires, Yasuo Tanaka, responsable au département Technique,  Naotaka Ishizawa, Assistant du Directeur Général  et  Tsuyoshi Kurosaka, chercheur principal.

Une démonstration de la plate forme eConnect a été réalisé avec les représentants de l’équipe à Hong-Kong (en skype),  Mme Satti Wong et M. Bill Cheng. Celle-ci a permis de mettre en valeur le potentiel de gestion et d’optimisation de la chaîne logistique fournisseur du départ usine jusqu’à l’arrivée des marchandises chez le client final avec un suivi de bout en bout incorporant le calcul de la consommation de carbone.  A été évoquée la possibilité de réaliser un corridor entre le Japon et la France avec notamment des constructeurs automobiles français. M. Naotake Ishizawaa fera le point de tous les systèmes d’information développés avec les clients afin d’examiner la possibilité d’intégrer CORDEM dans ceux-ci.